CDDI : contrat à durée déterminée d’insertion

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Fiche A.10

Le Contrat à Durée Déterminée d’Insertion (CDDI) est un contrat de travail conclu par une structure d’insertion par l’activité économique (SIAE) avec une personne sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières. Il a pour objet de favoriser le retour durable à l’emploi grâce à l’exercice d’une activité professionnelle, associé à un accompagnement socioprofessionnel individualisé et, le cas échéant, à des actions de formation. Les SIAE regroupent les entreprises d’insertion (EI), les ateliers et chantiers d’insertion (ACI), les associations intermédiaires (AI) et les entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI), ces dernières ne relevant pas du régime du CDDI mais du contrat de mission.

Champ d’application

Bénéficiaires

Le CDDI s’adresse aux personnes sans emploi reconnues éligibles à un parcours d’insertion par l’activité économique (IAE) à l’issue d’un diagnostic social et professionnel. Peuvent notamment bénéficier d’un parcours IAE :

  • les demandeurs d’emploi inscrits depuis au moins 24 mois ; 
  • les bénéficiaires de l’ASS, du RSA ou de l’AAH ;
  • les personnes qui, lorsqu’elles ne relèvent pas d’un critère de confirmation directe de l’éligibilité, réunissent 2 (pour les ETTI et les AI) ou 3 (pour les EI et les ACI) critères définis par arrêté : niveau d’étude 3 ou infra, senior de plus de 50 ans, jeune de moins de 26 ans, sortie de l’aide sociale à l’enfance, demandeur d’emploi de longue durée, situation de handicap, parent isolé, absence d’hébergement ou parcours de rue, protection internationale, protection temporaire ou demande d’asile, résidence en ZRR ou en QPV, sortie de détention ou placement sous main de justice, maîtrise insuffisante de la langue française ou difficulté de mobilité.

Les publics concernés comprennent notamment les jeunes rencontrant des difficultés d’insertion, les personnes en situation de handicap, les demandeurs d’emploi de longue durée ainsi que les personnes placées sous main de justice ou sortant de détention.

L’entrée dans un parcours IAE suppose la réalisation préalable d’un diagnostic individuel portant sur la situation sociale et professionnelle de la personne et sur ses besoins. L’éligibilité peut être appréciée par un prescripteur habilité ou, dans les conditions prévues par les textes, directement par la SIAE.

La déclaration d’éligibilité est réalisée via le téléservice dédié aux emplois de l’inclusion : La plateforme de l’inclusion. Lorsque la personne bénéficie d’un parcours IAE et est soumise à un contrat d’engagement, celui-ci tient compte des actions dont elle bénéficie dans le cadre de ce parcours.

Employeurs concernés

Peuvent recruter en CDDI :

  • les ateliers et chantiers d’insertion (fiche I.1) ;
  • les entreprises d’insertion (fiche I.2);
  • les associations intermédiaires (fiche I.4) ;
  • ainsi que les régies de quartier, uniquement lorsqu’elles sont conventionnées en EI ou en ACI (fiche I.5).

Les entreprises de travail temporaire d’insertion – ETTI (fiche I.3) ne mobilisent pas le CDDI : elles relèvent du droit commun du travail temporaire et signent des contrats de mission. 

Caractéristiques

Durée du contrat, durée hebdomadaire, période d’essai

Le CDDI est signé pour une durée initiale d’au moins 4 mois, sauf pour les personnes condamnées bénéficiant d’un aménagement de peine. Il peut être renouvelé dans la limite de 24 mois. Des prolongations sont possibles :

  • pour achever une action de formation en cours de réalisation à l’échéance du contrat (pour la durée nécessaire à la formation engagée) ;
  • à titre exceptionnel, pour favoriser l’insertion de salariés de 50 ans et plus ou de personnes reconnues en situation de handicap. Dans les ACI et les AI, elle peut également être accordée à des salariés rencontrant des difficultés particulièrement importantes. Selon les cas, la prolongation relève d’un prescripteur habilité ou, en cas de recrutement direct en EI ou ACI, de la structure elle-même.

La durée hebdomadaire de travail est fixée à au moins 20 heures et ne peut excéder 35 heures. Elle peut être modulée sur tout ou partie de la durée du contrat. Par dérogation, la durée minimale de 20 heures hebdomadaires peut être réduite dans les cas suivants :

  • dans un ACI, lorsque les difficultés particulièrement importantes rencontrées par le ou les salariés justifient une durée de travail inférieure à 20 heures. La dérogation, individuelle ou collective, est accordée par le préfet pour une durée maximale de 12 mois ; elle peut être prolongée pour permettre l’achèvement des actions d’accompagnement ou de formation initialement prévues.
  • dans les structures pouvant conclure un CDDI, lorsqu’un salarié cumule son CDDI avec un autre contrat à temps partiel conclu auprès d’un employeur qui n’est ni une autre SIAE ni une entreprise adaptée. Cette dérogation est accordée par le préfet, après au moins quatre mois de parcours, pour une durée maximale de six mois, renouvelable une fois.

La demande de dérogation peut être présentée à l’initiative de l’employeur ou du salarié. Lorsque la demande émane du salarié, elle doit être adressée par écrit et être motivée.

Concernant la période d’essai, les dispositions de droit commun s’appliquent. Elle ne peut excéder un jour par semaine, dans la limite de 2 semaines pour un contrat de 6 mois maximum et d’un mois pour un contrat plus long, sauf usages ou dispositions conventionnelles précisant des durées inférieures.

Rémunération

La rémunération est calculée sur la base du nombre d’heures effectivement travaillées et ne peut être inférieure au SMIC horaire ou au minimum conventionnel applicable lorsqu’il est plus favorable. Le salarié bénéficie de 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois de travail effectif, des droits à la formation professionnelle et au CPF et de l’assurance chômage dans les conditions de droit commun.

Le CDDI n’ouvre pas droit à l’indemnité de fin de contrat (prime de précarité), sauf dispositions conventionnelles plus favorables.

Formation et PMSMP

Comme tous les salariés, les personnes en CDDI ont accès au plan de développement des compétences (PDC) et au CPF. Elles peuvent aussi bénéficier d’une préparation opérationnelle à l’emploi individuelle (POEI).

Les salariés en insertion peuvent effectuer, durant leur CDDI, des périodes de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP) chez un autre employeur pour leur permettre de découvrir un métier ou un secteur d’activité, de confirmer un projet professionnel ou d’initier une démarche de recrutement. La PMSMP doit être prescrite et formalisée par une convention entre le bénéficiaire, la structure d’accueil, l’organisme prescripteur, la structure d’accompagnement lorsqu’elle est distincte et, lorsque le bénéficiaire est salarié, son employeur. Pendant la PMSMP, le salarié conserve son statut et n’est pas rémunéré par la structure d’accueil. La durée cumulée de l’ensemble des PMSMP effectuées au cours du CDDI ne peut pas excéder 25 % de la durée totale du contrat.

Suspension et rupture du CDDI

Le CDDI peut être suspendu, à la demande du salarié, afin de lui permettre : en accord avec son employeur, d’effectuer une PMSMP ou une action concourant à son insertion professionnelle ; ou d’accomplir une période d’essai correspondant à une offre d’emploi en CDI ou en CDD d’au moins six mois. En cas d’embauche à l’issue de la PMSMP, de l’action concourant à l’insertion professionnelle ou de la période d’essai, le contrat est rompu sans préavis.

En cas d’embauche à l’issue de cette évaluation, de cette mise en situation ou de cette période d’essai, le contrat est rompu sans préavis. Au regard de la réglementation d’assurance chômage, la rupture à l’initiative du salarié d’un contrat d’insertion par l’activité pour exercer un nouvel emploi ou suivre une action de formation est assimilée à une démission légitime. En l’absence d’embauche, le salarié reprend l’exécution de son CDDI dans les conditions initialement prévues.

Par ailleurs, le salarié peut rompre son CDDI avant son terme afin de pouvoir suivre une formation conduisant à une qualification. Il peut également être rompu dans les cas de rupture anticipée prévus par le droit commun des CDD, notamment en cas d’accord des parties, de faute grave, de force majeure, d’inaptitude constatée par le médecin du travail ou d’embauche du salarié en CDI.

Financement

Les SIAE bénéficient :

  • d’une aide au poste versée par l’Etat pour l’embauche et l’accompagnement des salariés en insertion (voir nos fiches dédiées aux SIAE pour la fixation du montant socle et du montant modulé).
  • de la réduction générale dégressive unique des cotisations patronales, selon les règles applicables. L’exonération spécifique applicable aux ACI a en principe été supprimée au profit de la réduction générale ; elle subsiste toutefois pour les employeurs publics portant un ACI, pour les salariés recrutés en CDDI ouvrant droit à l’aide au poste, dans les conditions prévues par les organismes de recouvrement.

Les salariés recrutés en CDDI sont pris en compte dans les effectifs de la SIAE pour l’application des dispositions légales et réglementaires relatives aux seuils sociaux et fiscaux.