Une actualisation de l’étude Compétences 2030 intègre la branche tuiles et briques et anticipe les besoins pour la prochaine décennie.

La branche professionnelle carrière et matériaux rassemble les entreprises extractives de minéraux ainsi que les fabricants de matériaux de construction.
Porté par l’Opco 2i et les 29 branches professionnelles de l’industrie, l’Observatoire Compétences Industries vient d’actualiser son étude Compétences 2030 réalisée en 2017. Dans un contexte de fusion de branches avec l’intégration du périmètre tuiles et briques, ses objectifs sont :

  • anticiper les besoins en emplois et compétences à horizon 2030 ;
  • identifier les facteurs d’évolution de l’activité et leur impact sur les métiers ;
  • analyser les écarts entre l’offre de formation et les besoins en compétences ;
  • formuler des recommandations opérationnelles pour la branche.

Une offre de formation non spécifique à la branche

L’étude compétences 2030 analyse les écarts entre l’offre de formation et les besoins en compétence. Elle met en évidence une faible représentation des formations spécifiquement centrées sur les activités des carrières et matériaux, hormis pour les métiers d’opérateur de production et de conducteur d’engins.
L’offre de formation est concentrée dans les régions traditionnellement industrielles, principalement les Hauts-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, le Grand Est et l’Île-de-France.
En plus des formations initiales et continues, les entreprises mobilisent régulièrement des formations en internes. Elles sont souvent mises en place avec les fournisseurs, pour accompagner entre autres la prise en main de nouveaux outils et engins. Certaines entreprises créent même leur propres centres de formation.

Compétences numériques et IA en chantier

Selon l’étude de l’observatoire C2i, si les évolutions numériques agissent sur tous les métiers des filières, elles se manifestent davantage dans le volet supervision plutôt que sur le plan opérationnel.
94 % des entreprises répondantes utilisent des outils numériques pour la gestion de l’entreprise (solutions de gestion comptable, financière, RH, gestion logistique et relation).
Les évolutions de compétences requises par l’intelligence artificielle ou l’automatisation ne sont pas toujours incluses dans l’offre de formation. C’est le cas néanmoins pour la maîtrise des outils numériques.
En parallèle le volet digitalisation se concrétise entre autres dans le modèle industriel de l’usine du futur. Celui-ci intègre interconnexion, autonomie et nouvelles technologies comme la robotique, la fabrication additive et la réalité augmentée.

Transition écologique et adaptation aux nouvelles réglementations

La branche carrière et matériaux affirme mettre en œuvre des process plus respectueux de l’environnement afin notamment de s’adapter aux nouvelles réglementations environnementales dans le secteur du bâtiment. Les entreprises travaillent par exemple sur les propriétés d’isolation des briques.
L’étude de l’Observatoire Compétences Industries conclue de développer la capacité des salariés à s’adapter à de nouveaux équipements ou à de nouvelles tâches, notamment en lien avec le recyclage des matériaux.

Renforcer l’attractivité

Les entreprises de la branche carrière et matériaux rencontrent de fortes difficultés de recrutement. C’est le cas pour 78 % des industriels de la préfabrication béton, 74 % des industries extractives et 59 % des entreprises du BPE.
Les métiers de la maintenance sont particulièrement recherchés dans la filière. Cela s’explique par une pénurie de candidats qualifiés sur des sujets techniques incontournables : électricité, électronique, mécanique, etc.
Selon les scénarios détaillés dans l’étude, entre 7 000 et 10 000 recrutements devront être effectués chaque année d’ici 2031, soit jusqu’à 60 000 embauches. De quoi répondre au turnover, mais aussi aux plus de 10 000 départs en retraite attendus (19 % des effectifs ayant plus de 55 ans). Cela représente une augmentation des effectifs de 4 %.

La branche carrière et matériaux en Nouvelle-Aquitaine

Selon les données INSEE 2024, la Nouvelle-Aquitaine s’avère troisième en nombre d’établissements et deuxième sur le plan des effectifs de la branche sur le territoire français. Elle affiche de surcroit une similarité entre nombre établissements (12 %) et effectifs (12 %).
Les entreprises du secteur tuiles et briques sont majoritairement présents dans quatre régions françaises dont la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie. L’offre de formation pour les conducteurs d’engins est d’ailleurs concentrée dans le sud. En effet un quart de l’offre est localisé en Occitanie et 16 % en Nouvelle-Aquitaine. Cette offre de formation est très majoritairement positionnée sur les premiers niveaux de qualification.