
Dans un rapport rendu public fin avril, l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR) analyse la manière dont les universités construisent, évaluent et régulent leur offre de formation. Elle souligne des avancées réelles, mais aussi la nécessité d’un pilotage plus outillé, plus territorialisé et mieux articulé avec les enjeux de formation tout au long de la vie.
Préoccupation politique depuis la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (ORE) de 2018, la question du pilotage de l’offre de formation des universités a fait l’objet d’une évaluation de l’IGÉSR. Rendu en octobre 2025, il a été rendu public fin avril 2026. L’inspection constate que les universités se sont engagées dans des démarches de pilotage plus structurées, même si leur niveau de maturité reste variable. Les établissements cherchent notamment à mieux intégrer les enjeux territoriaux, nationaux et internationaux, tout en assurant la soutenabilité budgétaire de leurs formations. Le rapport relève également une professionnalisation accrue des cursus, à travers le développement de l’apprentissage, des stages ou de modules de préprofessionnalisation.
Mais l’inspection pointe également certaines limites. Les stratégies restent fortement centrées sur les diplômes nationaux, alors que les diplômes d’université, plus souples, pourraient constituer un levier important pour développer la formation continue. L’IGÉSR recommande ainsi d’intégrer explicitement la formation tout au long de la vie dans les documents stratégiques des universités et de mieux mobiliser les diplômes d’établissement dans l’évolution de l’offre.
Le rapport plaide également en faveur d’un meilleur usage des données. En effet, les universités produisent de nombreux indicateurs, mais ceux-ci sont encore trop peu mobilisés dans les décisions relatives à l’évolution des formations. Le rapport propose de créer une liste commune et resserrée d’indicateurs, ainsi que de renforcer des outils de connaissance des coûts, afin d’éclairer les arbitrages pédagogiques et budgétaires.
Évaluation et régulation de l’offre de formation
En matière d’évaluation des formations, la mission relève que si elle généralement mise en œuvre, son impact reste difficile à appréhender et qu’elle est peu inscrite dans une démarche articulée au niveau de l’ensemble de l’établissement. En revanche, les conseils de perfectionnement sont appréciés pour faire évoluer les formations, les enseignements, et l’offre. S’agissant de l’évaluation externe menée par le Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCÉRES), elle est perçue comme utile mais trop pesante. Le rapport préconise alors une réforme de l’évaluation externe en donnant une plus grande autonomie aux universités en matière de pilotage de leur offre de formation.
Enfin, l’IGÉSR appelle à une régulation renforcée à l’échelle territoriale. Elle propose de réinvestir la commission académique des formations post-bac et de mener à terme le chantier de réforme de l’évaluation de la qualité des établissements d’enseignement supérieur privés. Le rapport recommande également de s’assurer de la pérennité des nombreuses initiatives issues des appels à projets dans le domaine de la formation.
