
Une publication de l’observatoire des métiers du BTP s’attache à cerner l’évolution de la fonction « études » dans le secteur du bâtiment.
La branche réunit 58 320 salariés (ce qui correspond à 5,2 % de l’effectif total du secteur du BTP), parmi lesquels 39 % d’ingénieurs ou cadres : métreurs qui représentent plus de la moitié des effectifs, BIM managers, chargés d’affaires, dessinateurs-projeteurs, techniciens ou ingénieurs méthodes ou études. 93 % d’entre eux sont engagés en CDI, à temps complet (96 %). Ce sont dans une large majorité des hommes (86 %) âgés de 30 à 49 ans (54 %). Les alternants ne représentent que 4 % des effectifs.
Une fonction études en interne soumise à conditions
La courbe des effectifs révèle des tendances contraires : si les effectifs globaux de la branche sont à la hausse, ceux de la fonction études accusent quant à eux une légère baisse de près d’un point entre 2018 et 2022. Cela s’explique par la présence de la fonction études dans des entreprises comptant au minimum 10 salariés, seuil en deçà duquel les missions sont souvent assurées par le patron. Cela peut d’ailleurs représenter jusqu’à 34 % de son temps.
Ainsi, plus l’entreprise est grande, plus la probabilité qu’elle dispose d’un service « études » augmente. De la même façon, les critères du chiffre d’affaires, d’appartenance à un groupe, du type d’activité et de la localisation semblent déterminants : les postes dédiés à la fonction apparaissent plutôt dans des zones urbaines, appartenant à un groupe, présentant un chiffre d’affaires situé entre 3 et 10 millions d’euros et ayant pour principale activité le gros œuvre et second œuvre technique.
D’ici à 2030
Si 74 % des entreprises déclarent n’envisager aucun changement dans leur mode de fonctionnement, les évolutions sont néanmoins d’ores et déjà à l’œuvre :
- transition écologique : décarbonation de la construction, évolution des normes réglementaires et environnementales, développement des infrastructures de transport « bas carbone » et gestion des déchets et recyclage.
- transitions numérique et technologique : généralisation du BIM et de l’ingénierie collaborative, modélisation 3D, industrialisation de la construction, développement des objets connectés et smart building, intelligence artificielle et utilisation de drones.
- évolution économique : évolution des activités, urbanisation croissante, orientation des investissements publics vers des projets de transition écologique, évolution des attentes des clients et optimisation des coûts.
Dans ce contexte, les entreprises sont tenues de s’adapter. Ainsi, 43 % d’entre elles entendent faire évoluer les compétences en interne ; 28 % envisagent de recruter. D’ailleurs, l’observatoire estime à 2200 le nombre de nouveaux entrants nécessaires pour répondre aux besoins de la fonction études de la branche du bâtiment entre 2025 et 2030. Les besoins en métreurs et techniciens, de loin les plus importants, pourraient notamment s’élever à 4940 d’ici à 2030.
Des attentes en matière de formation
Face aux changements annoncés, les professionnels expriment le besoin de candidats maîtrisant les questions liées à la performance énergétique, l’économie de ressources et la décarbonation encore insuffisamment abordées. Ils insistent également sur l’importance des soft skills, telles que la ponctualité, l’autonomie ou la rigueur. Cette dernière s’avère d’autant plus importante que les projets sont de plus en plus complexes, d’où un recrutement privilégié à bac+3.
En Nouvelle-Aquitaine, la fonction études représentait 9,2 % des salariés des travaux publics en 2022.
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