
Le Céreq publie une étude comparative sur l’insertion des jeunes selon la nature publique ou privée de leur dernière formation. Tous critères pris en compte, aucun avantage substantiel et durable n’apparaît en faveur de l’un ou l’autre secteur.
Le bulletin du Céreq intitulé Public, privé : ce qui fait vraiment la différence à l’insertion, s’appuie sur l’enquête 2024 auprès de la Génération 2021 pour comparer les débuts de carrière des jeunes sortis du secondaire ou du privé. Environ un tiers d’entre eux relèvent du privé : 19 % en alternance et 12 % par voie scolaire. Les autres viennent du public : 55 % par voie scolaire et 14 % en alternance.
Les auteures Fanette Merlin et Alexie Robert rappellent en outre l’hétérogénéité de l’enseignement privé, pouvant mener à un diplôme, à une certification ou encore à un titre professionnel.
Par ailleurs depuis 2018, la libéralisation de l’apprentissage par la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » a accéléré la hausse des effectifs dans l’enseignement supérieur. La croissance du secteur privé se manifeste en outre particulièrement dans les catégories de formations « autre bac+3/4 » et « autre bac+5.
Origine, parcours et formation
Pour élaborer leurs conclusions, les auteurs ont démêlé, « étape par étape, les liens entre profil social des jeunes, trajectoire d’études, secteur d’enseignement et début de carrière ». Pour ce faire, ils se sont appuyés sur trois éléments :
- les caractéristiques des jeunes : origine sociale, niveau de diplôme des parents, lieu de résidence ;
- les parcours scolaires ;
- Les caractéristiques de la formation suivie : niveau et le domaine, nature de l’établissement fréquenté et recours éventuel à l’alternance.
Un avantage du privé en trompe l’œil
À la sortie du secondaire, 73 % des jeunes issus du privé sont en emploi trois ans après la fin des études, contre 60 % des sortants du public. Cependant, cet écart initial de 13 points chute à 3 points après prise en compte du profil sociodémographique, du parcours scolaire et de l’alternance.
Ainsi les auteures déduisent que l’avantage serait « en trompe-l’œil » et que le secteur privé ne garantit pas, à lui seul, une meilleure insertion. Les meilleurs résultats observés chez les sortants du privé s’expliquent en effet surtout par les profils sociaux et scolaires des jeunes, les caractéristiques des formations suivies et la place importante de l’alternance.
L’alternance apparaît comme un facteur central des écarts observés et le privé y recourt plus massivement. Ainsi 19 % des jeunes de la Génération 2021 ont terminé leur formation dans le privé en alternance, contre une part moindre dans le public. Cela renforce leur expérience professionnelle et favorise ainsi l’entrée dans l’emploi et contribue ainsi à améliorer les indicateurs d’insertion du privé.
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