
L’observatoire de l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme (ANLCI) dévoile les chiffres de l’illettrisme chez les demandeurs d’emploi. Ces données mettent en évidence l’importance du repérage pour détecter au plus tôt les personnes en situation de forte difficulté avec les compétences de base.
Le 8 septembre marque la journée internationale de l’alphabétisation, mais c’est aussi le début des Journées Nationales d’Action contre l’Illettrisme (JNAI). Pour lancer la mobilisation, l’ANLCI, forte de son partenariat avec France Travail, publie les chiffres clés relatifs aux demandeurs d’emploi, y compris les BRSA.
L’illettrisme, un frein invisible
La publication met en évidence un double phénomène : l’étendue de l’illettrisme chez les personnes en recherche d’emploi et, en parallèle, sa relative invisibilité. En effet, 21 % des demandeurs d’emploi, soit 660 000 personnes, connaissent de fortes difficultés avec les compétences de base – autrement dit, cette population a obtenu moins de 60 % de réussite dans au moins une des quatre compétences testées (identifier des mots, comprendre un texte, écrire, compter). Pourtant, 82 % d’entre elles ont déjà travaillé. Ces données permettent de dégager les principales caractéristiques de ce public fragile en recherche d’emploi.
Portrait des demandeurs d’emploi en situation d’illettrisme
- Âge : avec 27 %, la part la plus forte des demandeurs concernés par ce type de fragilité concerne les personnes appartenant à la tranche d’âge des 50-64 ans, alors qu’elle atteint 18 % pour les demandeurs âgés de 18 à 29 ans.
- Diplôme : près de la moitié (47 %) n’ont aucun diplôme. En revanche, 8 % d’entre eux sont titulaires d’un baccalauréat, voire diplômés du supérieur. De plus, 68 % des personnes en forte difficulté n’ont suivi aucune formation au cours des 12 derniers mois.
- Lieu de résidence : 34 % habitent dans un QPV.
- Usage du numérique : « 16 % des demandeurs d’emploi en forte difficulté n’utilisent pas internet, contre 3 % pour le reste de la population ». Par ailleurs, 32 % des demandeurs d’emploi en forte difficulté ne réalisent aucune démarche administrative en ligne seuls.
Les emplois occupés par des personnes en difficulté
- Métier : près d’un tiers des demandeurs d’emploi ayant déjà travaillé ont occupé un poste d’ouvrier peu qualifié. 11 % étaient employés qualifiés.
- Statut : 40 % d’entre eux étaient salariés chez un particulier, 26 % agents de la fonction publique.
Eva : un outil de diagnostic et de positionnement
Si nombre de personnes parviennent à évoluer en milieu professionnel sans que la fragilité de leurs compétences de base ne soient détectées, elles peuvent se trouver freinées une fois confrontées à la recherche d’emploi à l’occasion, par exemple, d’une reconversion ou d’une perte d’emploi. Aussi l’ANLCI a-t-elle développé un outil de diagnostic et de positionnement à l’usage des professionnels de l’orientation et de l’accompagnement : Eva. Ce service public, de conception ludique, a pour but de faciliter la discussion avec le demandeur d’emploi sur ses difficultés, d’identifier ses besoins et de lui proposer les solutions les plus adaptées.
