L’observatoire de la branche numérique, ingénierie, études et évènements OPIIEC alerte sur le fonctionnement « en silos » des solutions numériques.  Des besoins en compétences et formations pour faciliter la transformation numérique sont donc à pourvoir.

L’interopérabilité est la capacité des données à être accessibles, comprises et exploitées par des systèmes d’information différents et des acteurs autorisés. Elle permet aux applications de communiquer entre elles grâce à des standards, des référentiels et un langage commun de préférence ouverts.
Parmi les causes de blocages, les enjeux liés à l’interopérabilité s’avèrent actuellement faiblement conscientisés. La branche numérique, ingénierie, études et évènements objet de l’étude de l’OPIIEC ne fait pas exception.

L’interopérabilité, des enjeux mais aussi des gains en vue.

Les enjeux de l’interopérabilité sont certes techniques, mais aussi politiques et économiques. En premier lieu des textes européens (Data Act) ou français (Référentiel Général d’Interopérabilité (RGI)) les encadrent.
Par ailleurs 38 % des entreprises de la branche interrogées estiment que la communication entre leurs systèmes et ceux de leurs clients est difficile. Cela alors même qu’on observe une transformation numérique exponentielle dans tous les pans du monde moderne. Bien évidemment les activités du monde professionnel reposent de manière croissante sur des outils métiers et applications.
Le défaut d’interopérabilité occasionne des coûts. Se saisir de ces questions représente ainsi une opportunité de les supprimer, mais aussi d’en tirer des bénéfices. Par exemple pour favoriser l’autonomie vis-à-vis de fournisseurs, réduire les coûts de traitement, augmenter la productivité ou encore mieux valoriser les données.

L’emploi en devenir

L’étude OPIIEC avait parmi ses objectifs la définition des impacts de l’interopérabilité des données ou applications sur l’emploi et les métiers. Les fonctions de management, décisionnaires et de support sont principalement impactées. Entre 40 et 49 % des entreprises de la branche estiment ainsi que les métiers du pilotage de projet et/ou de prestation font partie des métiers les plus concernés par l’interopérabilité.
Jusqu’alors les entreprises privilégient des solutions simples d’usage, rapidement opérationnelles et nécessitant peu de formation. Elles externalisent également certaines fonctions spécialisées. Les besoins en recrutement seront donc potentiellement conséquents.
Actuellement 8 428 offres d’emploi de la branche sont en lien avec l’interopérabilité et majoritairement concentrées en Ile-de-France 42 %. La Nouvelle-Aquitaine quant à elle bénéfice d’un potentiel offres de 6 %.

Accompagner une montée en compétences transverse

L’étude OPIIEC constate une offre relativement faible de formation initiale et continue au regard des enjeux. Parmi les certifications RNCP ou RS, seulement 110 intègrent l’interopérabilité.  Pour y remédier l’OPIIEC ne préconise pas la création d’une formation entièrement dédiée au sujet, mais une intégration transversale aux formations afin de sensibiliser l’ensemble des métiers.
Dans cette optique, accompagner la montée en compétences des entreprises et de leurs salariés serait l’axe privilégié. Six compétences sont attestées :

  • piloter un projet interopérable ;
  • concevoir et intégrer ;
  • garantir l’interopérabilité ;
  • respecter des normes d’interopérabilité ;
  • sélectionner des solutions interopérables ;
  • assurer une veille technologique.

Pour faciliter la transformation numérique vers l’interopérabilité, outre sensibiliser et générer une émulation collective, l’étude propose de rendre le cadre réglementaire plus lisible pour les entreprises.