
L’Association Pour l’Emploi des Cadres ou Apec s’est intéressée aux parcours des personnes en reconversion professionnelle vers les métiers du numérique. Son enquête, intitulée « La reconversion vers les métiers du numérique : un choix à l’épreuve d’un secteur en mutation » et publiée en octobre 2026, fait état de l’attractivité de ces métiers, de la qualité hétérogène des formations et de l’importance d’une spécialisation.
Un secteur attractif
En 2024, le secteur du numérique comptait près de 614 000 salariés, selon l’OPIIEC, l’observatoire des métiers du numérique, de l’ingénierie, du conseil et de l’événement. Dynamique, il se caractérise par un fort potentiel de recrutement, source d’intérêt pour les personnes en quête de nouvelle voie professionnelle qui espèrent bénéficier des départs à la retraite et des créations de poste, notamment dans l’encadrement. Ces métiers font par ailleurs l’objet de nombreuses représentations en lien avec la Silicon Valley, l’innovation, la fortune et la rupture avec l’économie traditionnelle.
Des formations intensives
Ainsi, en 2022, « 70 000 personnes ont rejoint les métiers du numérique à travers différents dispositifs (bootcamps, formations en ligne, écoles spécialisées, etc.), dont 57 % provenant d’une formation initiale et 43 % du système de formation continue. » Quel que soit le parcours emprunté, il est perçu comme long et exigeant, notamment en raison de l’évolution des outils et méthodes qui requièrent une mise à jour régulière des compétences.
Pour les personnes en reconversion, cela inclut un fort engagement en termes de travail personnel et d’autoformation, d’autant que la qualité des formations est jugée inégale. Ce sentiment s’explique par le manque de référentiels et par « la multiplication des organismes favorisée par les aides à la formation », privant candidats et employeurs de critères d’évaluation fiables.
Spécialisations et soft skills, les clés de l’accès à l’emploi
Les opportunités offertes par le secteur du numérique ne font pas pour autant disparaître les difficultés traditionnelles liées à la recherche d’emploi. L’accès à l’emploi reste conditionné par le profil du candidat : formation, diplôme, métier visé, âge, sexe, etc. Les formations les plus longues et les établissements les plus prestigieux sont privilégiés. Est également examinée l’activité exercée au cours d’un stage ou d’une alternance, car elle est vue comme une validation de la compétence technique.
D’ailleurs, plus les savoir-faire sont rares, notamment dans les domaines de la cloud security et de la machine learning ou data engineering, plus ils constituent un atout pour le candidat. De la même façon, l’aisance relationnelle et les capacités de communication à l’écrit comme à l’oral sont appréciées. Enfin, les profils féminins se révèlent particulièrement recherchés dans un secteur où elles sont souvent sous-représentées. En Nouvelle-Aquitaine, les femmes ne représenteraient d’ailleurs que 19 % des professionnels du secteur.
Selon l’observatoire régional, la Nouvelle-Aquitaine offre près de 2700 projets de recrutement par an. Parmi les métiers en tension du secteur figurent :
- les ingénieurs et cadres d’études, recherche et développement en informatique et télécom ;
- les techniciens d’étude et de développement en informatique ;
- les techniciens de production, d’exploitation, d’installation et de maintenance support.
