
Chaque année, le Conseil économique, social et environnemental prend le pouls du pays et consigne ses conclusions dans un rapport. L’édition 2025 pose la question de l’égalité des chances.
Mythe ou réalité ? C’est la question choisie par le Cese pour rendre compte de l’égalité des chances en France en 2025. Le rapport réalisé à cette occasion offre un panorama dans lequel subsistent les inégalités. À ce constat sont associées des recommandations, notamment sur les thématiques du genre, des territoires, du décrochage scolaire et de l’accès à l’emploi.
Inégalités de genre
Elles résident dans la répartition des femmes et des hommes dans les différents secteurs, les premières évoluant davantage dans les secteurs littéraires, sociaux ou du soin, les seconds dans ceux de la science, de la technique ou du numérique. Cette distribution ne fait que prolonger un phénomène déjà observé dans le secondaire et ce, malgré la « forte valorisation économique » dont font l’objet ces métiers. En conséquence, les femmes continuent de souffrir d’écarts salariaux (évalué à 14,2 % à temps de travail égal en 2023) et les entreprises de perdre en productivité. C’est pourquoi le conseil invite les pouvoirs publics à « lutter contre les stéréotypes de genre dès l’école, revaloriser les métiers féminisés […] et garantir l’accès des femmes aux filières d’avenir. » Voir notre actu dédiée.
Inégalités territoriales
Zones rurales et quartiers prioritaires connaissent de nombreuses inégalités. En plus d’un déficit patent de services publics sont pointés le manque de transports publics, l’offre de formation réduite pour les uns, les discriminations à l’embauche et la ségrégation scolaire pour les autres, sans compter le déficit de services publics constaté sur les deux terrains. Selon le Cese, la construction d’une « véritable politique d’égalité républicaine » s’impose par le biais du développement des services publics (y compris en matière de mobilité) et de la facilitation d’accès à la formation. Voir notre actu dédiée.
Décrochage scolaire
Le Cese relève que « la proportion de sortants sans diplôme est cinq fois plus élevée chez les enfants d’ouvriers que chez ceux de cadres. » Le constat témoigne de la dimension sociale du phénomène, sans toutefois passer sous silence les aspects scolaires (orientation subie, échec) et psychologiques (santé mentale) également à l’œuvre. Le conseil note par ailleurs que les établissements d’enseignement agricole semblent offrir un cadre plus rassurant pour les élèves en difficulté. Voir notre actu dédiée.
Accès à l’emploi
Face au constat d’un lien fort entre lieu de résidence et opportunités d’emploi, le Cese préconise notamment « le renforcement de la formation initiale et professionnelle pour répondre aux besoins en compétences », ainsi qu’un accompagnement des collectivités pour intensifier leur attractivité.
