
Dans un récent rapport publié en janvier 2026, la juridiction s’attache à mesurer l’efficacité de l’action publique en faveur de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap.
Au cours de son analyse des politiques publiques relatives à l’emploi des personnes en situation de handicap, la Cour des comptes apporte un éclairage sur le profil des personnes en situation de handicap et leur accès à l’emploi, ainsi qu’à la formation.
Les jeunes et les femmes davantage touchées
L’institution met notamment l’accent sur le poids des troubles psychiques (déficit relationnel ou difficultés de concentration) dans la population française. Ceux-ci concerneraient en effet une personne sur cinq en France et les jeunes en constitueraient une large partie. Ces derniers rechigneraient toutefois à entamer une démarche de RQTH, aspirant à être considérés comme « normaux », d’autant que le statut de travailleur handicapé semble être un frein plus qu’un atout, à en juger par les écarts relevés pour des profils équivalents : « 35 points d’écart pour les métiers de la communication, 31 points pour les métiers du spectacle, 30 points pour ceux du support à l’entreprise et de l’industrie. » Il est d’ailleurs précisé qu’un jeune sans handicap a une probabilité 1,7 fois plus forte d’atteindre une catégorie sociale intermédiaire qu’un autre, porteur de handicap.
L’insertion des femmes connaissant une déficience s’avère également particulièrement difficile, puisqu’elles se trouvent surreprésentées dans les emplois précaires. Si elles représentaient 39 % des BOETH en 2007, leur part s’élève à présent à 51 %. Leur profil type, majoritaire dans la population en situation de handicap, est présenté en ces termes : « une femme de plus de 55 ans et peu qualifiée ». Elle souffrirait également davantage de difficultés motrices comparé aux hommes. Pour autant, elles ne procèderaient pas plus à une déclaration, prenant le risque d’évoluer dans un environnement inadapté.
L’alternance, une voie de choix
L’alternance apparaît en tout état de cause comme une voie intéressante pour les personnes en situation de handicap. La Cour des comptes salue d’ailleurs les efforts menés en la matière, car celle-ci leur bénéficierait particulièrement. Elle note, par exemple, une hausse de 12 % du nombre de contrats d’apprentissage signés par rapport à 2023 et un taux d’emploi à 61 % six mois après la formation, soit un point de plus que le reste de la population.
Le rapport met par ailleurs en avant une répartition spécifique des profils entre contrats d’apprentissage et contrats de professionnalisation selon le type de handicap. Les premiers attireraient en effet un public jeune atteint d’un handicap cognitif ou psychique, tandis que les seconds seraient plus attractifs pour les adultes porteurs d’un handicap moteur ou sensoriel.
Selon les chiffres de l’observatoire régional, la Nouvelle-Aquitaine comptait 1500 apprentis en situation de handicap en 2023.
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