Un rapport pour combler le déficit de compétences industrielles

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L’AFDET et le CNAM appellent à passer à l’horizon 2030 d’une gestion fragmentée des dispositifs de formation à une approche systémique. Un enjeu qu’ils qualifient de « défi de souveraineté » et d’« urgence collective ».

Ce ne sont pas les projets qui manqueraient dans l’industrie, ce sont les compétences. Voilà en substance le constat porté par le rapport de l’Association Française pour le Développement de l’Enseignement Technique (AFDET) réalisé en collaboration avec le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM).
Intitulé Horizon 2035, déficit de compétences il pointe les manquements en matière d’attractivité des filières industrielles qui « resterait en deçà du niveau souhaitable, une voie de relégation, socialement marquée et genrée ». Le système éducatif français privilégierait la poursuite d’études, au détriment de l’entrée rapide des diplômés sur le marché du travail.

De fait les tensions de recrutement dans l’industrie sont durables et touchent notamment la maintenance, la mécanique, la chaudronnerie, le soudage, l’énergie et l’ingénierie.
Pourtant la France doit répondre simultanément à plusieurs enjeux pour favoriser sa réindustrialisation :

Un continuum entre orientation et formations

L’AFDET souligne la force du système éducatif et de formation français, à même de favoriser une hausse des compétences disponibles. En effet ce dernier maille tous les territoires et couvre tous les niveaux, du CAP au doctorat.
Le rapport préconise de construire un continuum cohérent entre orientation, formation initiale, apprentissage, emploi, reconversion et formation continue, avec une implication accrue des entreprises et des territoires. Des pistes sont précisées pour y parvenir.

  • Refonder l’orientation :
    • développer une culture scientifique, technologique et industrielle dès le primaire ;
    • lancer des campagnes ciblées pour attirer les filles et jeunes de milieux moins favorisés.
    • multiplier les visites, immersions, projets, stages et rencontres avec des professionnels ;
    • former les enseignants et les prescripteurs aux réalités des métiers industriels ;
    • présenter l’industrie comme contribuant à la souveraineté, à la transition écologique et à l’innovation ;
  • Rééquilibrer formation et emploi :
    • clarifier les diplômes ;
    • restaurer le temps technologique ;
    • adapter la carte des formations aux besoins réels des territoires.
  • Adapter les contenus : actualiser les référentiels, intégrer data/IA/automatisation.
  • Faire de l’entreprise un lieu de formation avec des projets pédagogiques authentiques coconstruits.
  • Transformer la formation continue :
    • cibler les financements sur les parcours certifiants et qualifiants ;
    • mobiliser VAE et CEP.
  • Diversifier les voies d’accès aux parcours d’ingénieurs :
    • valoriser BTS/BUT/licences pro ;
    • faciliter la promotion des techniciens.
  • Construire une stratégie territoriale : croiser les données emploi/formation/projets industriels.

Les professionnels de l’orientation sont encouragés à passer d’une information générale à une découverte concrète des métiers, en mobilisant VAE/CEP/CPF/PTP et en intégrant les contraintes territoriales des publics.

Le poids de l’industrie en Nouvelle-Aquitaine

En 2026 plus de 33 000 établissements industriels recensant 227 000 professionnels sont présents en Région. Cela représente 9% de l’emploi régional et la 5e région en termes d’emplois.

On retrouve les métiers de l’industrie dans tous les grands territoires de la région : Bordeaux, Pau-Lacq, Bayonne-Tarnos, La Rochelle, Angoulême, Limoges, etc.
Chaque zone a ses spécialités : aéronautique, énergie, mécanique, électronique, nautisme.
La majorité des emplois se situe dans des petites et moyennes entreprises, implantées localement.
Les principaux secteurs employeurs sont :

  • construction aéronautique et spatiale ;
  • agences de travail temporaire (recours important à l’intérim) ;
  • Ingénierie, études techniques ;
  • mécanique industrielle.

88 % des employés sont en CDI, 43 % ont 45 ans et plus. Le secteur compte 21% de femmes.
Par ailleurs la Nouvelle-Aquitaine compte donc désormais 16 territoires labellisés territoires d’industrie.