
Une étude du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) se penche sur la place et la perception de la formation au sein des entreprises à but d’emploi.
Forte du principe selon lequel personne n’est inemployable, l’expérimentation des TZCLD, lancée en 2016, s’applique à offrir un CDI à temps choisi adapté aux capacités et aux compétences des personnes éloignées de l’emploi. Le cadre est celui d’une Entreprise à But d’Emploi (EBE), structure créée expressément pour des salariés intégrés selon leur profil. Il apparaît toutefois difficile, pour les encadrants, de se passer d’accompagnement. Ce sont d’ailleurs les besoins de formation et la perception de ces apprentissages que décrypte une étude du Céreq parue en décembre 2025 et intitulée « Territoires zéro chômeur de longue durée : les défis du travail et de la formation ».
Les formations au sein d’une EBE concernent essentiellement la mise au travail et en production, en lien avec le comportement professionnel : compétences relationnelles, savoir-être en entreprise et communication non-violente. Il s’agit notamment, pour les personnes très éloignées de l’emploi, d’instaurer une routine professionnelle incluant présence et ponctualité. Pour le reste, l’accompagnement est réalisé de façon informelle, sur le poste de travail.
Quant à la réception des apprentissages, les travailleurs semblent osciller entre :
- distance : les séniors, dans une recherche de stabilité financière jusqu’à la retraite, voient dans la formation une forme de menace.
- hésitation : un mélange d’intérêt et de scepticisme tend à animer les personnes en reconversion professionnelle contrainte. Dans ce cas, l’accompagnement apparaît comme déterminant.
- enthousiasme : l’émotion se manifeste essentiellement chez les jeunes qui considèrent l’expérience comme un investissement et un tremplin vers l’avenir.
Les auteurs du bulletin concluent que si l’expérience acquise en EBE ne parvient pas à rapprocher ces personnes d’un autre milieu professionnel, elle leur offre néanmoins la possibilité de s’émanciper par le travail.
Selon les chiffres publiés par l’Expérimentation territoriale contre le chômage de longue durée, la Nouvelle-Aquitaine comptait, au 20 janvier 2025, huit territoires et EBE conventionnées.
