
Le rapport de la Défenseure des droits souligne la particulière vulnérabilité des jeunes de 15 à 26 ans, période où s’opèrent de nombreuses sélections.
La non-discrimination constitue l’un des principes fondamentaux de la Convention internationale des droits de l’enfant. Pourtant, Claire Hédon, la Défenseure des droits, fait le constat, dans son rapport publié en février 2026 et intitulé « Jeunesses et discriminations fondées sur l’origine : répondre à l’impératif d’égalité », d’une jeunesse particulièrement exposée à la discrimination et plus particulièrement celle en lien avec l’origine : « 44 % des jeunes perçus comme noirs, arabes ou maghrébins déclarent avoir été discriminés dans leur recherche d’emploi au cours des cinq dernières années. »
Une période charnière
Avec ses nombreux processus de sélection – recherche d’un stage, d’une alternance, d’un logement ou encore d’un emploi – , les jeunes de 15 à 26 ans connaissent une véritable période charnière, phase au cours de laquelle ils s’exposent à la stigmatisation. En 2021, le Baromètre de la perception des discriminations mettait en effet en lumière l’ampleur du phénomène, puisque 17 % des jeunes déclaraient alors avoir été victimes de discrimination lors de la recherche d’un stage. L’accès à l’apprentissage apparaît d’ailleurs tout aussi incertain pour 15 % d’entre eux, confrontés à un traitement différencié en raison de la couleur de leur peau.
Les accélérateurs
L’insertion des jeunes se complique encore quand d’autres facteurs discriminants viennent se greffer à celui de l’origine, à l’instar du genre ou du territoire. Ainsi, une jeune femme peut faire l’objet d’une double discrimination en raison de son sexe et de son origine réelle ou supposée. Le rapport pointe à cet égard les métiers peu féminisés comme ceux de l’informatique.
De la même façon, le garçon habitant en périphérie de la ville peut être défavorablement perçu comme « un jeune de banlieue » et se trouver stigmatisé. En parallèle, la question du lieu de résidence peut constituer un frein, lorsqu’il conduit le personnel éducatif à orienter un jeune vers une filière en particulier, en dépit des aspirations de ce dernier.
De la formation à la statistique
Au vu des risques de déqualification, de segmentation des parcours et de déclassement social encourus par les jeunes, l’institution recommande entre autres mesures la formation du corps enseignant, CPE, PsyEN et personnel de direction. Elle entend ainsi permettre une prise de conscience des préjugés raciaux, du caractère systémique de la discrimination et des biais à l’œuvre dans leurs pratiques.
Elle préconise également la production de statistiques en lien avec la discrimination liée à l’origine, afin de mieux mesurer ses effets sur le parcours des jeunes.
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