
Une étude du Céreq menée en collaboration avec l’Agefiph, met en regard l’évolution de la situation des jeunes en 2010 et 2021 avec celle de ceux reconnus en situation de handicap sur la même période. Elle fait état des avancées observées, ainsi que des progrès qu’il reste encore à réaliser.
Ils étaient 772 738 jeunes sortant de formation en 2021. Parmi eux, 13,8 % étaient concernés par une situation de handicap, entendue dans cette étude comme un problème de santé, une maladie ou un handicap pouvant revêtir un caractère chronique ou durable.
Une variété de situations de handicap
Nature du handicap
Dans son enquête « Jeunes en situation de handicap : des inégalités de la scolarité à l’emploi », l’observatoire de l’emploi et du handicap souligne « la prévalence des troubles psychiques et psychologiques » qui concerne 41 % des situations, ainsi que la « très forte croissance des troubles intellectuels et cognitifs ».
Les cas recensés dans cette enquête donnent à voir un échantillon des principales difficultés rencontrées au total par les jeunes, qui plus est non exclusives : troubles psychiques ou psychologiques (37 %), moteurs (28 %), conséquences d’une maladie chronique ou invalidante (27 %) et troubles intellectuels ou cognitifs (13 %).
Entre déclaration et reconnaissance, des écarts selon le genre et l’origine
Ces handicaps peuvent faire l’objet d’une demande de reconnaissance administrative. À ce propos, l’enquête note certains écarts entre la part de déclarations de situation de handicap et celle de reconnaissances administratives, différentiels observés chez les femmes et les jeunes dont au moins un des deux parents est né à l’étranger. Ainsi, il est observé que si 63 % de femmes déclarent connaître un problème de santé, une maladie ou un handicap, elles ne représentent que 51 % à bénéficier d’une reconnaissance administrative. De la même façon, 22 % des jeunes d’origine étrangère sont concernés par le handicap, mais seuls 16 % d’entre eux en ont le statut.
Des trajectoires contrariées
Études
L’enquête fait apparaître un accès facilité aux diplômes, avec une nette augmentation d’étudiants de niveau bac+5 (+6 points). En revanche, bien que le taux de bacheliers s’élève à 59 %, l’accès au baccalauréat accuse un recul de trois points entre 2010 et 2021.
Orientation
De fait, les jeunes en situation de handicap s’exposent à davantage d’interruptions d’études et d’orientations vers des dispositifs adaptés ou des filières professionnelles – 37 % des jeunes reconnus en situation de handicap sont contraints de quitter l’école. Contrairement à l’ensemble des jeunes, ceux disposant d’un statut administratif sont plus souvent orientés vers un CAP (13 % vs 24 %). Les élèves sans reconnaissance semblent, quant à eux, suivre un parcours similaire à l’ensemble de la génération étudiée.
Emploi
Pour un jeune reconnu en situation de handicap, le temps médian d’accès au premier emploi est 14 fois supérieur à un autre qui ne connaît pas de limitation. De fait, les femmes y parviennent plus rapidement que les hommes (10 vs 17 mois). Toutefois, ce premier emploi s’avère moins avantageux pour les personnes en situation de handicap, tant en termes de rémunération que de stabilité.
L’étude souligne également le temps d’inactivité trois fois supérieur de ces jeunes comparativement à l’ensemble de la génération (33 % vs 10 %), trois ans après leur sortie de formation. Si l’écart se trouve moins important pour le chômage, il contribue néanmoins à leur retrait de l’emploi.
En Nouvelle-Aquitaine, selon le tableau de bord de l’observatoire régional sur le handicap, 5 667 jeunes BOETH (11 % de mineurs et 86 % de jeunes entre 18 et 25 ans) étaient accompagnés en 2023.
À ce sujet, l’Agefiph, en partenariat avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, lance un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) « Université, emploi et handicap », dans le but de soutenir des projets innovants qui renforcent l’insertion professionnelle des étudiantes et étudiants en situation de handicap.
