
L’Opco 2i publie une étude prospective qui préconise entre autres de donner une coloration « ferroviaire » aux certifications de l’industrie métallurgique. Des actions de formation innovantes sont également recensées.
L’État via la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEF), la Fédération des Industries ferroviaires (FIF) et la branche de la Métallurgie, ont signé en 2023 un accord-cadre. Cet Engagement de développement de l’emploi et des compétences (EDEC) visait principalement à identifier les tendances dans la maintenance du matériel roulant ferroviaire. Maintenir une présence industrielle dans les territoires et accompagner la transition écologique faisait également partie des objectifs. Le rapport prospectif de l’Opco 2i compétences industrie présente des pistes pour y parvenir.
En synthèse l’offre de formation devra s’adapter aux évolutions technologiques, tout en conservant les savoir‑faire industriels fondamentaux.
Les tendances structurelles de la branche
Les métiers et l’emploi de la maintenance ferroviaire évolueront sous huit tendances structurelles :
- la transition numérique et le développement de l’industrie 4.0 (Gestion de maintenance assistée par ordinateur (GMAO), tablettes, IA documentaire, télémaintenance ou encore fabrication additive ;
- la cybersécurité ;
- la maintenance prédictive (la surveillance en temps réel de l’état du matériel), permettant une intervention plus rapide ;
- les nouvelles motorisations ;
- l’écoconception, le reconditionnement et le recyclage ;
- le changement climatique ;
- les mobilités autonomes et légères.
Les besoins en formation
En adéquation avec les huit tendances structurelles, l’étude prescrit une montée en compétences progressive, notamment sur le plan numérique plutôt qu’une transformation radicale des emplois, avec des impacts plus marqués pour les profils de pilotage, d’ingénierie et de diagnostic.
Dans la branche ferroviaire, les métiers de la maintenance s’avèrent très polyvalents. L’accent sera mis sur les compétences suivantes ;
- connaissance du ferroviaire
- sensibilisation à la cybersécurité
- sensibilisation à l’IA
- communiquer avec des outils numériques
Par ailleurs l’étude suggère d’apporter une « coloration ferroviaire » aux certifications professionnelles de l’industrie métallurgique.
Autre piste, recourir aux parcours de reconversions professionnelles.
L’Opco 2i encourage aussi le développement des nouvelles formes d’Action de formation en situation de travail (AFEST). Ce dispositif en situation implique une participation active des personnes en utilisant le travail comme outil et circonstance d’apprentissage, dans une optique de développement participatif mettant l’individu en action.
Un rôle structurant pour les territoires
La maintenance est le deuxième volet de la branche ferroviaire qui comprend également l’exploitation. Selon les travaux de l’observatoire de Cap-Métiers, en Nouvelle-Aquitaine les métiers de la branche représentent plus de 10 600 professionnels, soit la 5e région en termes d’effectifs. Cela compose moins de 1 % de l’emploi régional, mais avec un rôle structurant pour les territoires. Le secteur affiche une progression de + 4,2 % par an. Les emplois sont majoritairement stables, avec 95 % de salariés en CDI et 90 % à temps complet, et 20 % de femmes parmi les professionnels.
À l’échelle nationale, la région se distingue par un tissu industriel ferroviaire dense, la présence de sites stratégiques comme Alstom et FerroCampus, ainsi que par l’atout structurant de la LGV Tours–Bordeaux, qui renforce son rôle dans les dynamiques de mobilité et d’innovation du secteur. Combinés, ces éléments positionnent la Nouvelle-Aquitaine comme un territoire moteur pour la filière ferroviaire.
