
L’Association Française des Banques (AFB) et quatre organisations syndicales (CFDT, CFTC, FO, SNB-CFE/CGC) ont signé le 20 juillet un nouvel accord sur la formation professionnelle. Ce texte vise à adapter les compétences des salariés du secteur bancaire aux mutations technologiques et législatives.
L’accord signé le 20 juillet entre l’Association Française des Banques (AFB) et quatre organisations syndicales (CFDT, CFTC, FO, SNB-CFE/CGC) transpose pour le secteur bancaire des textes en vigueur dans le monde professionnel. Il se réfère ainsi à la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 portant transposition des accords nationaux interprofessionnels en faveur de l’emploi des salariés expérimentés et relatif à l’évolution du dialogue social. Cette loi venait elle même en application de l’Accord national interprofessionnel (ANI) du 25 juin 2025 relatif aux transitions et reconversions professionnelles.
Outre l’harmonisation législative, il entend répondre aux exigences du secteur bancaire dans un environnement en mutation très dynamique, généré par des transformations technologiques, réglementaires, économiques et sociétales.
Le nouvel accord de branche remplace les précédents sur la formation professionnelle et la reconversion ou à la promotion par alternance.
Rôle et outils de la branche bancaire
L‘accord nouvellement signé précise le rôle des acteurs de la branche de la banque. Cette dernière pourra ainsi déterminer les priorités, les objectifs et les moyens de la formation professionnelle des salariés. D’une manière générale, la formation s’emploie notamment à identifier les conditions de maintien de l’employabilité, ainsi qu’à sécuriser les parcours professionnels des salariés. Elle déterminera en outre les besoins en compétences des entreprises et à mettre en œuvre une politique de financement, notamment, des contrats en alternance et des périodes de reconversion.
Le texte de branche actualise le cadre des outils d’insertion dans l’emploi (alternance et préparation opérationnelle à l’emploi POE), de la formation professionnelle des salariés au sein de l’entreprise ainsi que de l’évolution et de l’orientation professionnelle (bilan de compétences, validation des acquis de l’expérience, etc.).
La Commission paritaire nationale de l’emploi (CPNE) constitue l’organe d’orientation politique et de suivi de la branche en matière d’emploi et de formation professionnelle. Elle comporte une attribution générale de promotion de la formation professionnelle en liaison avec l’évolution de l’emploi.
L’entretien professionnel s’enrichit
Parmi les éléments marquants, l’entretien professionnel a été totalement réformé et renommé entretien de parcours professionnel (EPP) suite à l’adoption de la loi du 24 octobre 2025. Son contenu s’enrichit notamment pour intégrer la prévention de l’usure professionnelle, les besoins de formation et les souhaits de mobilité ou de reconversion. Il bénéficie d’une nouvelle périodicité, intervenant dès la première année de l’arrivée d’un salarié puis tous les quatre ans dans la même entreprise contre tous les deux ans auparavant. De même un bilan récapitulatif interviendra tous les huit ans contre six auparavant.
Ce changement permettra d’anticiper ou décaler les dates programmées afin de lisser les pics d’entretiens courants à la suite de la mise en œuvre de la loi relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale de mars 2014. L’objectif est ainsi d’améliorer ce temps d’échange avec le salarié.
Reconversion, compétences et formations hors temps travail impactées
Un dispositif de reconversion professionnelle est mis en place, remplaçant l’action de reconversion ou de promotion par l’alternance (Pro-A) et le dispositif Transitions collectives. L’accord dépasse le registre législatif prévu et adapte les périodes de reconversion aux formations du secteur bancaire et aux contraintes d’organisation du poste de travail. En pratique entreprises et salariés pourront définir des périodes de formation et des volumes d’heures d’une durée ou d’un volume supérieur à la loi.
Enfin le nouvel accord de la branche bancaire encadre les formations en tout ou partie hors temps de travail qui relèvent du plan de développement des compétences. Cela si ces formations n’ont pas pour objet de répondre à une exigence réglementaire ou ne découlent pas de l’adaptation au poste de travail.
Les chiffres clés de la banque en Nouvelle-Aquitaine
- Selon l’Observatoire des métiers de la banque 8 500 salariés exercent dans la branche en Nouvelle-Aquitaine, soit 4,9 % des effectifs nationaux ;
- Particularité remarquable, la branche s’avère hautement qualifiée avec 58,7 % de techniciens pour 41,3 % de techniciens ;
- L’âge moyen est de 45 ans et plus, avec une grande majorité de femmes, 62,6 %.
- Les embauches se font majoritairement à bac + 5 et plus (39.6 %). Viennent ensuite le profils bac +3 avec 30 % et bac + 2 avec 23,7 % des effectifs recrutés ;
- 3,2 % des embauches s’effectuent en Nouvelle-Aquitaine.
