La stratégie nationale de l’ESS

Actus de la semaine Emploi – Insertion #ESS

Le 9 juillet dernier, l’État s’est doté d’une nouvelle stratégie nationale de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) afin de permettre à l’ESS d’être une force de transformation, capable d’accélérer les transitions économiques, sociales et environnementales. Pour cela elle envisage de créer les conditions pour permettre à l’ESS de changer d’échelle et de déployer tout son potentiel au service de la souveraineté économique, de la cohésion nationale, de l’innovation sociale et du dynamisme démocratique.

Structurée par la loi du 31 juillet 2014, l’Économie Sociale et Solidaire a fait l’objet, depuis cette date, de plusieurs feuilles de route élaborées pour orienter les politiques publiques en faveur de l’ESS, définir des priorités et engager des actions dans un cadre interministériel.

Cette stratégie nationale, rendue publique le 16 juillet vise à reconnaître le rôle de l’ESS dans l’économie française, lever les obstacles à son développement, sécuriser son financement et inscrire durablement son action au cœur des politiques publique. Elle s’articule autour de cinq axes majeurs :

  • Renforcer la place et la structuration de l’ESS dans les politiques publiques nationales et locales ;
  • Favoriser l’accès au financement et promouvoir l’investissement ;
  • Contribuer activement aux grandes transitions ;
  • Développer et promouvoir l’ESS, renforcer son attractivité et son influence ;
  • Assurer la place de la France dans les cadres européens et internationaux en matière d’ESS.

Ces axes de travail sont déclinés en 28 orientations et plus d’une centaine actions à mettre en place pour atteindre les objectifs de cette stratégie nationale.

D’importantes transformations ont lieu ces dernières années, qu’elles soient environnementale, numérique, économique ou démographique. L’axe 3, s’inscrit dans ce contexte et place l’ESS comme une solution essentielle face à ces enjeux. Il propose notamment d’affirmer la place de l’ESS dans les filières stratégiques, de promouvoir une transition numérique inclusive et responsable, de soutenir le tissu économique en facilitant la transmission et la reprise d’entreprises, ou encore d’affirmer la place de l’ESS dans les politiques publiques sectorielles.

De nombreuses actions sont ainsi citées par le ministère pour répondre à ces orientations comme garantir l’inclusion numérique pour une transition numérique juste, faciliter la reprise d’entreprises via les modèles coopératifs ou encore soutenir l’insertion par l’activité économique.

Au chapitre de l’attractivité (axe 4), l’État rappelle le rôle essentiel de l’ESS dans l’innovation sociale, mais déplore son manque de notoriété qui freine actuellement son développement. Pour relever ce défi, les grandes orientations de cet axe poursuivent notamment les objectifs de soutenir l’innovation sociale à travers l’ESS, de promouvoir l’éducation à l’ESS, accroître l’attractivité de l’ESS et de ses métiers ou encore développer la visibilité de l’ESS.

Parmi les actions énoncées, l’État envisage par exemple de faciliter le financement de l’innovation sociale, à travers l’ESS, par les financements européens, renforcer la formation des professeurs à l’ESS, renforcer l’attractivité des métiers de l’ESS ou encore concevoir une marque ESS et déployer des campagnes de communication grand public.

Afin de garantir la pertinence et l’adaptabilité de cette stratégie nationale, des indicateurs de suivis sont mis en place, incluant des objectifs fixés à l’horizon 2030 et 2035. À ce titre, l’État envisage un part de l’ESS dans l’emploi privé de 15 % pour la première échéance et 16,5 % pour la seconde. Il cible également 23 850 coopératives en 2030 et 27 000 en 2035.