
Le ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative lance une expérimentation visant à développer les compétences du mouvement sportif en matière de socio-sport. Au-delà des actions menées auprès des jeunes de moins de 25 ans en situation de vulnérabilité, l’enjeu est de favoriser des coopérations durables entre clubs, structures sportives et acteurs spécialisés dans l’accompagnement social.
Le sport peut constituer un levier d’inclusion pour des jeunes confrontés à des difficultés sociales, économiques ou familiales. Mais intervenir auprès de ces publics suppose des compétences qui dépassent la seule pratique sportive : connaissance des publics vulnérables, adaptation des activités, posture éducative, travail avec les acteurs sociaux ou encore évaluation de l’impact des actions engagées.
C’est sur ce constat que repose l’appel à projets 2026 « Socio sport : levier d’inclusion pour les jeunes », lancé par le ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative. Il doit permettre de rapprocher le mouvement sportif des structures disposant déjà d’une expertise dans le champ du socio-sport.
Faire du socio-sport une compétence durable du mouvement sportif
La particularité du dispositif réside dans son approche : il ne s’agit pas uniquement de financer des actions sportives destinées à des publics fragiles.
Les actions conduites auprès des jeunes doivent servir de support à un accompagnement du mouvement sportif dans la durée. Les structures expertes en socio-sport sont ainsi appelées à transmettre leurs méthodes et leurs compétences aux ligues, comités et clubs afin que ceux-ci puissent progressivement développer leurs propres projets.
Diagnostic, ingénierie de projet, formation des personnes ressources, création d’outils pédagogiques, coopération avec les acteurs sociaux et médico-sociaux ou encore évaluation font notamment partie des modalités d’accompagnement envisagées.
L’ambition est donc aussi organisationnelle : les projets doivent contribuer à faire évoluer les pratiques professionnelles, les coopérations territoriales, voire la stratégie de développement des structures sportives. Les méthodes expérimentées ont par ailleurs vocation à pouvoir être reproduites dans d’autres territoires.
Des projets construits à partir des besoins des jeunes et des territoires
Les actions doivent concerner des jeunes de moins de 25 ans en situation de vulnérabilité et répondre à des problématiques sociales identifiées : décrochage scolaire, émancipation des filles, intégration, protection de l’enfance, prévention de la délinquance ou encore accès à la pratique sportive pour les jeunes en situation de précarité ou sous main de justice.
Le cahier des charges insiste également sur la prise en compte des besoins exprimés par les jeunes eux-mêmes et sur l’adéquation des projets avec les réalités du territoire et les politiques publiques locales.
Cette logique suppose une coopération étroite entre deux types d’acteurs. D’un côté, le mouvement sportif apporte son maillage territorial, ses clubs, ses éducateurs et son expertise sportive. De l’autre, les structures spécialisées apportent leur connaissance des publics vulnérables, leurs méthodes d’accompagnement, leur ingénierie de projet et leurs réseaux de partenaires.
Une expérimentation suivie jusqu’à fin 2027
Les projets retenus seront mis en œuvre à partir de janvier 2027 et feront l’objet d’un suivi portant notamment sur le nombre de clubs accompagnés, les professionnels formés et les jeunes bénéficiaires, mais également sur les compétences acquises et les outils ou méthodes produits.
L’expérimentation doit ainsi permettre de capitaliser les pratiques développées localement et d’identifier celles susceptibles d’être diffusées plus largement au sein du mouvement sportif.
Les structures souhaitant participer doivent constituer un consortium associant une structure du mouvement sportif et une structure experte du socio-sport. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 octobre 2026.
