
Comment préparer les professionnels aux métiers de demain alors que les transformations du travail s’accélèrent ? Intelligence artificielle, transition écologique, évolution des parcours professionnels, nouvelles formes d’emploi… Face à ces mutations, les exercices de prospective prennent une place croissante dans les politiques publiques.
Penser l’orientation, la formation et les métiers de demain par le design fiction. C’était le thème de la dernière Biennale réunissant l’Agence Erasmus+ France / Éducation Formation, Euroguidance, Europass, le Cadre européen des certifications (CEC) et France compétences. Cette rencontre a invité les participants à explorer les transformations du travail, de la formation et de l’orientation à travers des ateliers de design fiction animés par le collectif Making Tomorrow.
Le Cahier d’imaginaires – L’Union des compétences face aux futurs (im)possibles restitue les travaux issus de ces ateliers. À travers des récits, des scénarios et des hypothèses, il propose d’imaginer différents futurs pour questionner les évolutions souhaitables de l’orientation, de la formation et de la mobilité professionnelle.
Penser les futurs
Contrairement aux exercices prospectifs traditionnels, le design fiction ne cherche pas à anticiper un avenir probable. Il consiste à imaginer plusieurs futurs possibles – parfois volontairement provocateurs – afin de questionner les décisions prises aujourd’hui.
Le cahier rappelle ainsi que « le futur ne se prédit pas, il se prépare ». Dans un contexte marqué par les transitions numérique, écologique et démographique, l’objectif est moins de construire des scénarios réalistes que de nourrir la réflexion collective sur les choix en matière d’orientation, de formation, de certification et de mobilité professionnelle.
Trois futurs pour interroger les politiques de compétences
À partir d’ateliers réunissant une centaine de participants, les organisateurs ont imaginé trois mondes prospectifs à l’horizon 2040.
Le premier décrit une société où les parcours professionnels sont fortement fragmentés, avec une multiplication des micro-activités et des micro-certifications. Il interroge la reconnaissance des compétences acquises tout au long de la vie et la nécessité de préserver le lien social dans le travail.
Le deuxième imagine une organisation du travail pilotée par les données et l’intelligence artificielle, où les décisions d’orientation, de formation ou d’affectation reposent largement sur des systèmes prédictifs. Ce scénario soulève notamment les questions d’éthique, de gouvernance et de place de l’humain dans les processus décisionnels.
Enfin, un troisième monde explore une société où les entreprises deviennent les principaux moteurs des transformations économiques et sociales, posant la question de l‘équilibre entre intérêt général, politiques publiques et besoins économiques.
Au-delà de leur dimension fictionnelle, ces scénarios mettent en lumière des défis déjà engagés :
- adapter les systèmes de certification à des parcours professionnels plus diversifiés ;
- accompagner des mobilités professionnelles plus fréquentes ;
- reconnaître les compétences acquises dans des contextes variés ;
- développer les compétences humaines et l’esprit critique face à l’intelligence artificielle.
Pour les acteurs de l’emploi, de l’orientation et de la formation, ce cahier constitue une invitation à prendre du recul sur les transformations en cours et à expérimenter de nouvelles façons de penser les compétences et les parcours de demain
