
Publié le 1er juillet 2026, un rapport de l’Assemblée nationale analyse les transformations provoquées par l’intelligence artificielle (IA) sur l’éducation et la culture. Il préconise des politiques publiques fondées sur la formation, la certification des compétences et un accès équitable à des outils sécurisés.
« Création, diffusion et acquisition des connaissances : comment l’intelligence artificielle transforme notre éducation et notre culture ». Voici le nom de la mission d’information parlementaire ayant rendu son rapport ce 1er juillet. Ce dernier estime que l’IA peut favoriser la personnalisation des parcours, la différenciation pédagogique, le suivi des apprenants et l’inclusion, notamment grâce à l’adaptation des supports pour les élèves en situation de handicap.
Ces possibilités s’accompagnent toutefois de risques qui nécessitent un encadrement. Le rapport appelle à préserver la dimension collective des apprentissages et la place centrale de l’enseignant. Il alerte également sur l’exposition aux écrans, le désengagement cognitif, la délégation excessive de certaines compétences et « l’illusion de l’apprentissage », lorsque l’accès à une réponse est confondu avec la maîtrise effective d’un savoir. Les modalités d’évaluation devront, elles aussi, être adaptées.
Former, certifier et équiper l’ensemble de la communauté éducative
Parmi ses dix recommandations relatives à l’éducation, la mission propose d’intégrer explicitement les compétences en IA aux référentiels numériques et à la formation initiale des enseignants. Elle recommande également de rendre leur formation continue obligatoire, avec une certification périodique. Autre proposition : former à l’inclusion par l’IA l’ensemble des personnels scolaires, dont les accompagnants d’élèves en situation de handicap.
Pour les apprenants, le rapport préconise une certification des parcours Pix consacrés à l’IA (voir notre actu) et des modules obligatoires de formation à l’IA pour tous les étudiants. Il propose aussi d’étudier un conditionnement de l’utilisation du CPF au suivi préalable d’un module dédié à IA. Pour les plus jeunes, le rapport préconise de permettre l’usage pédagogique d’outils génératifs dès la sixième, tandis qu’une utilisation encadrée pourrait être envisagée dans le premier degré.
Enfin, le rapport souhaite consolider les données sur les dépenses publiques consacrées à l’intelligence artificielle en éducation. Il défend la création d’un référentiel de l’équipement en IA et d’un « cartable IA » composé d’outils souverains certifiés à destination des enseignants comme des élèves. Il demande une clarification des responsabilités respectives de l’État et des collectivités territoriales en la matière, avec pour objectif d’organiser un déploiement maîtrisé, équitable et centré sur les besoins pédagogiques.
