
Réunis à Pessac autour de la présentation du contrat régional de filière « Métiers de la formation », les acteurs du secteur ont échangé sur les transformations de la filière et les travaux engagés dans le cadre du CRF 2024-2028.
Comment accompagner les transformations qui traversent aujourd’hui le secteur de la formation professionnelle ? C’est autour de cette question que se sont réunis, le lundi 8 juin à Pessac, plus de 100 représentants d’organismes de formation, aux côtés des partenaires institutionnels et des acteurs de la filière, lors de la matinée consacrée au contrat régional de filière « Métiers de la formation ». Cette rencontre a permis de partager les constats, les préoccupations et les initiatives engagées dans le cadre du CRF « Métiers de la formation » 2024-2028, dans un contexte marqué par des mutations profondes du secteur et des incertitudes économiques et budgétaires.
Une filière en transformation, dans un contexte sous tension
En ouverture, Karine Desroses, vice-présidente du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine en charge de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’emploi, et Jean-Guillaume Bretenoux, directeur régional de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS), ont rappelé l’ampleur des transformations à l’œuvre dans la filière. Évolution des modèles économiques, diversification des publics, développement du numérique et des formations à distance, émergence de nouveaux usages liés à l’intelligence artificielle, transitions écologique et démographique : autant de transformations qui amènent les organismes de formation à repenser leurs pratiques et leurs organisations.
Ces évolutions interviennent dans un contexte financier incertain, marqué par des arbitrages budgétaires qui interrogent la capacité d’adaptation du secteur. Dans ce cadre, les intervenants ont souligné l’importance du dialogue entre acteurs et du partenariat entre l’État, la Région et l’ensemble de l’écosystème afin d’accompagner les organismes de formation.
Le CRF, un cadre pour agir ensemble
Inscrit dans le CPRDFOP 2023-2028, le CRF Métiers de la formation constitue « un cadre pour agir ensemble ». Copiloté par l’État et la Région, il associe organismes de formation, branches professionnelles, opérateurs de compétences et partenaires institutionnels. Sa gouvernance s’organise autour de trois niveaux : un comité de pilotage, un comité technique chargé du suivi du plan d’actions et des groupes de travail thématiques. Il vise à structurer un espace de coopération permettant de construire des réponses partagées aux enjeux de transformation du secteur.
Trois axes pour accompagner la filière
Cette matinée a permis de présenter plusieurs outils et initiatives portés par différents acteurs de la filière, en leur présence. Ils illustrent, sans exhaustivité, les actions engagées autour des trois grands axes du CRF.
1. Vers une filière dynamique, structurée, agile et responsable
L’observatoire régional des métiers de la formation, porté par Cap Métiers, constitue un outil de de connaissance du secteur et d’appui aux travaux prospectifs. Le premier cahier de l’observatoire, publié en février 2026, met notamment en lumière le poids économique de la filière en Nouvelle-Aquitaine : près de 29 800 actifs et 12 900 établissements, ce qui place la région au quatrième rang national en nombre d’acteurs de la formation professionnelle (consulter les publications).
Dans le cadre de l’EDEC Transformation, AKTO déploie par ailleurs des actions d’accompagnement des organismes autour des enjeux de responsabilité sociale, à travers des webinaires, des temps d’échanges et des travaux collaboratifs
Ces dispositifs sont complétés par des webinaires consacrés aux pratiques professionnelles et à l’innovation pédagogique conçus dans le cadre des travaux du CRF. Ils visent à soutenir les démarches de transformation des organisations et sont mis en œuvre par Cap Métiers. Un webinaire consacré aux usages de l’intelligence artificielle dans les pratiques pédagogiques est prévu le 25 juin (s’inscrire). Le replay d’un webinaire sur la création d’une cellule d’innovation pédagogique au sein d’un organisme de formation est également disponible (visionner).
2. Des métiers attractifs et inclusifs
La Semaine des métiers de la formation, portée un ensemble d’acteurs du CRF, constitue l’une des actions phares de cet axe. Elle vise à promouvoir les métiers du secteur, à mettre en relation des professionnels avec des organismes recruteurs et à renforcer l’attractivité de la filière. La 4ème édition a été lancée à Pessac à l’issue de la matinée et se poursuivra sur plusieurs territoires de Nouvelle-Aquitaine (voir notre actu).
Les outils proposés par Cap Métiers, tels que le Lab’Studio dédié à la création de capsules pédagogiques et le parcours de professionnalisation ParcoursPro, s’inscrivent également dans cet objectif de développement des compétences en réponse aux besoins des professionnels, dans une dynamique de co-construction.
3. L’amélioration continue de la qualité de la formation
Les travaux de ce groupe, fondés notamment sur une enquête menée auprès d’organismes de formation concernant les contrôles et audits qualité, mettent en lumière un constat largement partagé : la multiplication des dispositifs de contrôles entraîne une charge administrative et des répercussions sur l’organisation des structures. Pour autant, ces démarches sont perçues comme des opportunités pour structurer les pratiques et renforcer les démarches qualité. Dans ce contexte, des travaux sont engagés afin de favoriser le partage d’expériences, la diffusion de bonnes pratiques entre les acteurs ainsi que le développement d’espaces de dialogue entre organismes, financeurs et acteurs du contrôle.
En conclusion, ces échanges, enrichis par les contributions des organismes de formation recueillies dans le cadre d’un questionnaire proposé au cours de cette matinée, viennent confirmer ces observations. Ils mettent en évidence plusieurs préoccupations majeures des organismes de formation, en particulier la recherche d’un modèle économique viable dans un marché concurrentiel, le besoin de lisibilité sur la situation économique et les perspectives de la filière ainsi que des attentes fortes en matière de veille et de professionnalisation.
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