
Le Conseil d’Analyse Économique (CAE) publie une étude sur le rôle des métiers-ponts dans un processus de transition professionnelle dû à un choc technologique. Ceux-ci désignent les métiers intermédiaires ou passerelles qui permettent d’accéder à un autre secteur d’activité grâce aux compétences nouvellement acquises.
Une étude du CAE, intitulée « Reconversions professionnelles après un choc technologique : le rôle des métiers-ponts » (Focus n°134), identifie les postes de technicien en maintenance ou d’assistant commercial comme des métiers-ponts de premier ordre, en raison de la diversité des compétences auxquelles ils font appel : savoir-faire techniques, manuels, administratifs et commerciaux.
En occupant ces métiers-ponts, les travailleurs augmentent de 30 % leurs chances d’accéder à un poste dans un autre secteur d’activité. Selon le travail de recherche, cette étape présenterait d’ailleurs plusieurs avantages. Elle pourrait notamment :
- atténuer les « frictions de compétences », autrement dit le différentiel entre les compétences acquises et celles encore à acquérir pour exercer le métier cible ;
- réduire la durée de « chômage transitoire » entre le poste d’origine et le poste visé ;
- révéler tous les bienfaits portés par le choc technologique concerné.
Pour parvenir à ce constat, le chercheur, Léonard Bocquet, s’attache à représenter les métiers français, tels que définis par la nomenclature ROME, sous la forme d’un réseau – il s’inspire pour cela de la théorie des réseaux empruntée au secteur ferroviaire. Cette structure est constituée de « nœuds » (les métiers) et d’« arêtes » (les transitions) – ces dernières sont qualifiées de « proches » ou de « distantes » selon qu’elles requièrent ou non une formation.
De cette représentation des métiers modélisée en collaboration avec entreprises, syndicats et France Travail, il tire plusieurs constats de leur répartition. Il note par exemple que les métiers de l’industrie sont amassés à l’écart, tandis que les métiers du commerce et de la vente se trouvent, à l’inverse, au centre du réseau, leur conférant « une position stratégique ». Ces travailleurs bénéficieraient ainsi d’une capacité de rebond plus importante face à une importante transformation technologique.
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