Malgré un contexte relativement instable causé par l’absence de budget de l’État, les changements au 1er janvier 2026 restent nombreux et concernent tous les secteurs, dont ceux de l’orientation, de la formation et de l’emploi. En voici la synthèse.

Coût du travail, cotisations, reconversion professionnelle, aides aux employeurs… La liste des changements entrés en vigueur ce 1er janvier 2026 sont nombreux sur le champ orientation-formation-emploi, portés en partie par la loi de financement de la sécurité sociale ou par la transcription d’accords interprofessionnels.

Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine vous propose ici un diaporama complet, que vous pouvez également parcourir via un sommaire. Des focus thématiques seront publiés dans les semaines à venir.

L’évolution et la reconversion professionnelle au cœur des nouveautés 2026

Parmi les changements majeurs, il faut compter la thématique de la reconversion professionnelle. Les dispositifs Pro-A et Transco disparaissent, et laissent désormais place à « la période de reconversion ». Celle-ci a pour objectif de favoriser la mobilité professionnelle, interne ou externe, grâce à des actions de formation certifiantes et à une mise en situation professionnelle.

Elle s’accompagne de la création d’un nouveau contrat à durée déterminée (CDD) dit « de reconversion ». D’une durée de 6 à 12 mois (jusqu’à 36 selon les accords de branche), ce contrat ouvert à tout salarié sans conditions permet de réaliser la période de reconversion dans une entreprise d’accueil plutôt que dans l’entreprise d’origine. Cela, tout en bénéficiant de la sécurité de pouvoir retrouver son poste d’origine (ou un poste équivalent) si l’expérience n’est pas concluante ou ne débouche pas sur une embauche.

Dans la continuité de ces nouveautés, l’employeur a désormais l’obligation d’informer le salarié de la possibilité de réintégrer l’entreprise à l’issue de sa formation dans le cadre d’un projet de transition professionnelle (PTP).

Coût de l’emploi : montants au 1er janvier 2026 et nouveaux calculs de cotisations

Comme tous les ans, le 1er janvier rime avec mise à jour des montants, cette fois pour 2026, du coût de l’emploi et de la formation :

  • le SMIC mensuel brut passe à 1 823,03 €, soit 12,02 € brut horaire ou 1 443,11 € net mensuel ;
  • le plafond mensuel de la Sécurité Sociale atteint 4 005 € ;
  • le taux de la cotisation patronale d’assurance vieillesse déplafonnée du régime général est relevé de 2,02 % à 2,11 % ;
  • le taux moyen des cotisations AT-MP diminue de 2,12 % à 2,08 % ;
  • la gratification minimale accordée aux stagiaires passe de 4,35 à 4,50 € par heure ;
  • le ticket modérateur du CPF, indexé sur l’inflation, monte à 103,20 €.

Parallèlement, une réduction générale des cotisations patronales entre en vigueur. Unique, elle remplace trois dispositifs distincts pour tous les employeurs et salariés éligibles.

À l’inverse, un malus sur les cotisations patronales dues au titre de l’assurance vieillesse et de l’assurance veuvage est instauré pour les entreprises privées employant au moins 300 salariés en l’absence de négociation collective sur l’emploi des seniors.

De nombreuses mesures pour l’IAE et ses entreprises

Première nouvelle pour l’insertion par l’activité économique (IAE) : la fin de l’expérimentation du dispositif « contrat passerelle » depuis fin 2025. Mais de nombreux changements viennent affecter les procédures et les démarches des structures de l’IAE (SIAE) :

  • les règles de comptabilisation des sorties pour les associations intermédiaires (AI) et les entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI) évoluent ;
  • la plateforme SIAE Connect, déployée depuis l’automne 2025 et visant à dématérialiser le conventionnement des structures de l’IAE, est désormais généralisée et obligatoire pour le dépôt des Dossiers uniques d’instruction (DUI) et la conclusion des conventions entres les SIAE et les DDETS ;
  • après une année de déploiement progressif, la Déclaration sociale nominative (DSN) est également généralisée pour les SIAE, afin de transmettre automatiquement les informations des salariés à l’Extranet, de verser les aides au poste et de fiabiliser les données ;
  • le calendrier du versement de l’aide au poste évolue : les aides au poste du mois de janvier seront versées automatiquement dès février, sans attendre la validation du suivi mensuel de janvier.

Les aides aux entreprises en baisse au 1er janvier 2026

Au 1er janvier 2026, les entreprises qui recrutent des salariés exerçant des métiers en tension ou en pénurie ainsi que les entreprises créées ou reprises dans les communes des zones en difficulté économique (bassins d’emploi à redynamiser, zone France ruralités revitalisation…) voient leur exonération de cotisations patronales plafonnée à 25 % pour des embauches ciblées (sauf pour les exploitants agricoles).

Autre aide affectée par des changements au 1er janvier 2026 : l’Aide à la création et à la reprise d’entreprise (ACRE) est réformée par la loi de financement de la Sécurité sociale. Elle est désormais recentrée sur les demandeurs d’emploi et les personnes les plus vulnérables.

Des aides temporairement suspendues en attendant la nouvelle loi de finances

En attente de trouver un accord sur une loi de finances pour 2026, les parlementaires ont voté une loi spéciale afin de proroger certaines mesures. C’est le cas de l’aide à l’embauche d’apprentis. Pour l’instant, celle-ci reste réservée aux entreprises de moins de 250 salariés pour l’embauche d’un apprenti préparant une certification reconnue aux niveaux 3 et 4 de qualification (équivalent bac et infra bac). Son montant est fixé à 5 000 € pour la première année du contrat, 6 000 € pour un apprenti en situation de handicap.

En revanche, deux dispositifs de soutien d’attractivité sont temporairement supprimés : le crédit d’impôt industrie verte, et les dispositifs d’exonération dans les territoires classés en quartiers prioritaires de la ville (QPV) et zones franches urbaines – territoires entrepreneurs (ZFU-TE).