Les zones rurales et QPV face aux inégalités territoriales et sociales

Actus de la semaine Emploi – Insertion Lutte contre les discriminations #Jeunes #QPV #Zones rurales

Un sondage, commandé par la Fondation Mozaïk et intitulé « Géographie de l’égalité : regards croisés des Français dans leur ensemble, des habitants des QPV et des territoires ruraux sur l’inclusion économique et l’accès à l’emploi », révèle que pour ces résidents, le lieu d’habitation constitue un facteur d’inégalité.

Les populations rurales, ainsi que celles issues des Quartiers Prioritaires de la politique de la Ville (QPV), considèrent leur lieu de résidence comme un frein à l’emploi. Toutefois, l’étude fait apparaître un ressenti plus fort dans le cas des habitants des QPV, en raison d’un effet cumulatif agrégeant d’autres discriminations liées notamment à l’origine réelle ou supposée.

Des inégalités sociales ressenties plus fortement dans les QPV

Cette enquête, réalisée en octobre 2026, met en évidence le lien entre opportunités professionnelles et lieu de résidence : 75 % des habitants des Quartiers prioritaires de la Politique de la Ville (QPV) estiment en effet qu’à efforts égaux, ils ne bénéficient pas des mêmes opportunités professionnelles. Sont pointés le manque d’offres locales (81 %), une maîtrise insuffisante des outils numériques (76 % dans les QPV et 72 % dans les zones rurales) et l’isolement (68 %), puisqu’ils sont 65 % à faire le même constat depuis un quartier rural. De fait, les inégalités sociales se classent au 9e rang des préoccupations des personnes interrogées. Parmi elles, 20 % résident dans un quartier prioritaire.

Des jeunes inquiets à divers égards

Cette inquiétude est par ailleurs partagée par une large majorité de Français, comme par 38 % des jeunes de moins de 25 ans résidents des QPV, également préoccupés par leur quotidien (pouvoir d’achat à 34 %, et emploi-chômage et environnement pour 31 % ex aequo). En revanche, le sujet n’apparaît pas dans les principaux sujets de préoccupation des jeunes ruraux qui s’inquiètent en priorité pour l’éducation (34 %) et par des sujets d’ordre économique, tels que le pouvoir d’achat ou la dette et les finances publiques.

En se rangeant en deuxième position derrière les inégalités sociales, la question de l’emploi et du chômage apparaît comme centrale pour les habitants des QPV. Elle l’est d’autant plus qu’elle peut être aggravée par des faits de discrimination. Ainsi, six jeunes sur dix déclarent avoir déjà été discriminés dans leur accès à l’emploi, « un score significativement supérieur chez les habitants des QPV ». Parmi les principaux motifs de discrimination figurent l’âge, le niveau de diplôme et l’apparence physique.

Les impacts sur les publics

Limités par leur situation personnelle, les jeunes connaissent un sentiment de faible intégration à la société, ainsi que c’est le cas de huit Français sur 10.  Un quart des Français déclarent d’ailleurs « avoir déjà été désavantagés ou discriminés dans l’accès à l’emploi » : c’est le cas de 26 % des habitants des zones rurales et de 40 % pour ceux issus de quartiers prioritaires. Cette discrimination peut notamment s’exercer lors d’une demande de prêt bancaire, ce qui constitue un frein à l’entrepreneuriat et à l’innovation.

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