
La publication annuelle de la Coopérative Tiers-Lieux met en lumière ces espaces mixtes d’activités marchandes et non marchandes, salariées et bénévoles. Leur situation économique s’est cependant dégradée.
219 tiers-lieux sont répartis dans la région. L’enquête Panorama 2026 de la Coopérative Tiers-Lieux a pour but notamment de « toucher du doigt la grande variété de ces espaces qui réinventent le faire ensemble en Nouvelle-Aquitaine ». Pour cela elle a scruté l’activité de 118 d’entre eux sur l’année 2025 afin de donner un aperçu concret de ce qui s’y passe. Se former, concevoir un projet ou une activité économique y voisine avec des actions sociales et culturelles. Ces travaux pourront aussi servir d’inspiration pour « déployer, à son tour, une dynamique similaire dans son territoire ».
Le tiers-lieu comme fabrique de projets
7 280 personnes ont notamment travaillé ou développé un projet professionnel dans un tiers-lieux. Cela recoupe des actions de résilience territoriale, d’agriculture locale, d’économie circulaire, d’intérêt collectif ou encore liées au développement des compétences. Nombre de projets et d’actions viennent structurer les territoires. Ainsi 12 % des tiers-lieux développent des projets en lien avec les entreprises locales, 29 % des coopérations ponctuelles.
Parmi les espace de travail partagés, on retrouve :
- 154 bureaux partagés ;
- 60 ateliers artisanaux ;
- 43 fablabs ;
- 26 terres agricoles.
Les utilisateurs par ordre d’importance sont des :
- travailleurs Indépendants ;
- salariés ;
- demandeurs d’emploi ;
- étudiants ;
- personnes en reconversion.
Des activités commerciales ou sociales
Les tiers-lieux combinent activités marchandes et/ou non marchande. Les activités marchandes ont été source de revenus de fonctionnement et un levier de développement à hauteur de 33 900 € en moyenne par tiers-lieu (hors subventions) en 2025 contre 58 910 € en 2023. L’ensemble des structures cumule 7 423 728 € de produits générés. Ces revenus proviennent notamment :
- de la location d’espaces ;
- des animations et d’ateliers ;
- de prestations réalisées pour des partenaires publics ou privés ;
- de la vente de boissons et de petites restaurations ;
- de la formation ;
- de l’offre d’hébergement ;
- de la location de machines ;
- de prestations de conseil, d’accompagnement ou d’ingénierie de projet.
Parmi les tiers-lieux néo-aquitains :
- 70 % affichent une programmation culturelle et/ou artistique ;
- 65 % proposent une activité évènementielle ;
- 62 % le transfert de savoir-faire ;
- 43 un atelier ou espace de production ;
- 35 %la formation professionnelle et l’insertion,
- 33 % la médiation ou inclusion numérique.
Financements publics et situation économique
En 2023 près de la moitié des structures déclarait être à l’équilibre (46%). Le déficit devient aujourd’hui la situation la plus fréquente (38% des tiers-lieux), 27 % à l’équilibre et 34 % étant bénéficiaires.
Le nombre moyen d’Équivalents Temps Plein (ETP) par tiers-lieu chute fortement : de 2,9 en 2022 à 2,2 en 2023, puis 1,6 aujourd’hui. En quatre années, les équipes ont presque été divisées par deux. La baisse ou la perte de subvention publique expliquent cette situation, car la capacité des tiers-lieux à générer des revenus propres n’est pas suffisante. les tiers-lieux continuent à fonctionner en mobilisant une pluralité de ressources humaines : salariés, stagiaires, apprentis, intermittents et bénévoles.
La Région est le premier partenaire financier, 46 % des subventions à part égales fonctionnement et projet. Cet appui se concrétise notamment par l’AMI « Tiers-lieux 2025-2028 », qui vise à soutenir les lieux existants, à renforcer les coopérations avec les acteurs locaux et à favoriser la création de nouvelles structures dans les territoires qui en sont dépourvus. Cela afin de garantir un accès à moins de 20 minutes.
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