Emploi des seniors : le HCSP préconise un nouveau pacte social 

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Dans son rapport sur l’emploi des seniors publié en juillet, le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP) préconise une meilleure transition entre emploi et retraite, ainsi que le renforcement de la formation continue. Il identifie ainsi trois pistes d’action.

Le HCSP fait le constat d’une situation de l’emploi des seniors contrastée. En effet, si le taux d’emploi des Français entre 55 et 59 ans se situe en 2024 à 80 %, soit au-dessus de la moyenne européenne (77 %), celui des 60 ans et plus, à 40 %, se révèle quant à lui nettement en-deçà des 65 % européens. Aussi l’organisme formule-t-il trois propositions.

Faciliter les transitions progressives entre emploi et retraite

Malgré de nets progrès réalisés au fil du temps, la catégorie des seniors reste concernée par des départs précoces. Elle englobe une variété de situations : NER (ni en emploi ni en retraite), bénéficiaires de pension d’invalidité, personnes en arrêt maladie indemnisées et professionnels exerçant un métier peu qualifié.

Afin de pallier le décrochage et maintenir ces actifs expérimentés en activité, le rapport suggère de veiller à la qualité des conditions de travail. Il s’agit de limiter l’usure professionnelle et de mettre en place un « environnement social favorable » avec, par exemple, un temps de travail aménagé. La proposition d’un cumul de la retraite et d’une activité à temps partiel est également avancée.

Former plus et mieux 

Les seniors doivent également faire face aux transitions technologique et écologique. Ces transformations, pouvant conduire à la remise en question de leurs compétences, exigent le recours à la formation continue pour les maintenir en emploi ou leur permettre d’y accéder. En effet, 40,6 % des demandeurs d’emploi de 50 ans et plus sont concernés par le chômage de longue durée.

De plus, bien que les situations varient d’un secteur à l’autre en raison d’un « déficit structurel de politique de formation », il apparaît que plus les individus avancent en âge, plus ils s’éloignent de la formation professionnelle. Ainsi, en 2024, « un tiers des 55-64 ans en emploi a suivi au moins une formation […] (36 % des 55-59 ans et 31 % des 60-64 ans) ». Dans ce contexte, le HCSP plaide pour l’anticipation des besoins en compétences dans le cadre du dialogue social, l’organisation des mobilités professionnelles.

Renforcer l’employabilité, la qualité du travail et les dispositifs d’articulation entre emploi et activité 

Enfin, pour le Haut-Commissariat, la mise en œuvre d’une politique de vieillissement au travail globale s’impose. L’organisme en appelle pour cela à l’action conjointe des branches professionnelles, Opco, mais aussi des entreprises, dans le but de renforcer l’adaptation continue des compétences, d’anticiper les transitions professionnelles et d’améliorer la soutenabilité du travail.

Dans cette perspective, plusieurs dispositifs sont mis en avant, parmi lesquels la cartographie des compétences, le mentorat/tutorat, la formation inversée, le temps partiel, l’Afest et la VAE. Il s’agit ainsi de créer des environnements de travail intergénérationnels et d’intégrer la formation aux situations concrètes de travail pour faciliter les apprentissages.

En mars 2026, selon les chiffres de France Travail, le nombre de demandeurs d’emploi expérimentés de 50 ans et plus s’élevait à 137 057 en Nouvelle-Aquitaine.